Vivian Saskia, le plus Allemand des bottiers sur mesure Italiens

Cet hiver, à Florence, nous découvrons l’atelier du plus allemand des bottiers italiens : Vivian Saskia Wittmer.

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Saskia n’est pas une artisane comme les autres. Elle a la particularité d’être une jeune femme étrangère qui fait un travail typiquement masculin – mais surtout, douée et talentueuse. Nous avons eu le coup de cœur de façon particulière pour son travail et sa personnalité.

Saskia fit le choix d’entreprendre ce métier car elle aimait beaucoup, depuis son plus jeune âge (3 ans), regarder les chaussures pour hommes. N’en trouvant pas dans sa mesure, Saskia, avec beaucoup de détermination, décida d’en faire son propre métier.

Après avoir fait des études artistiques, Saskia, âgée de 23 ans, entreprit un long parcours débutant par trois années d’apprentissage dans l’atelier berlinois du bottier Benjamin Klemann. Ensuite, elle passa un examen à la Chambre de l’Artisanat  enchaînant avec un changement d’horizon en s’installant à l’étranger, après avoir travaillé chez les meilleurs bottiers allemands, en passant par Londres où la méthode de montage à la chaîne ne lui donna pas pleine satisfaction. Puis, à Florence, elle fit la rencontre d’un bottier (l’illustre Stefano Bemer) qui fut ravi de l’avoir comme élève dans son atelier (à l’époque) de 8m2. Saskia y resta pendant trois ans en fréquentant, en parallèle, un cours de modélisation à Scandicci pour, ensuite, faire le grand saut en décidant d’ouvrir son propre atelier de chaussures sur mesure.

Actuellement, son entreprise compte trois artisans produisant un très beau soulier (très soigné) monté exclusivement en goodyear. Le soulier Saskia est très influencé par la construction anglaise  (son Maître Allemand avait apprit le métier en Angleterre) avec une influence allemande sur la semelle mais avec le style résolument italien de son dernier Maître, Stefano Bemer. En somme, Saskia possède une formation complète sur la technique (à l’allemande) et sur le style (à l’italienne).

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La chaussure est recourbée sur la plante du pied, une chose très importante que ses clients apprécient particulièrement. Sa chaussure suit le pied du client sans être clinquante. Saskia réalise des chaussures défiant le temps et les modes.

Clientèle

Saskia a une façon moderne d’exposer ses créations ce qui a comme effet d’attirer une clientèle principalement étrangère (Allemands, Anglais, Suédois, Américains) bien que les Italiens ne soient pas en reste.  L’homme italien a en effet toujours eu ce goût prononcé pour le soulier sur mesure.

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Fabrication d’un soulier sur mesure Saskia

La première phase de création d’un soulier sur mesure est d’écouter son client. Il faut savoir qui il est, où il habite, comment il marche pour pouvoir le conseiller de la meilleure façon possible. Vient ensuite le choix de la peausserie allant du veau anglais au veau français. Si on parle de chaussures d’été, on optera pour du veau italien ou de la chèvre. Les cuirs italiens sont généralement plus fins et donc moins appropriés pour les étrangers qui vivent à Londres ou à New York où le climat rigoureux entraîne  l’exigence d’une peausserie un peu plus dure (souvent ses clients préfèrent avoir une chaussure dure s’assouplissant avec le temps). Mais aussi de kangourou, autruche, crocodile ou requin.

On prend ensuite les mesures de pieds et on prépare, pour un nouveau client, ses formes personnelles. Vient ensuite la réalisation du patronage en papier servant à délimiter la levée (coupe de la tige).

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Pour monter la chaussure il faut ouvrir la tige et la doublure en mettant à l’intérieur le contrefort ça donne du maintien à la chaussure et aussi de la aide beaucoup quand on marche beaucoup. Après on place la tige sur la forme et on commence à le tirer dans la bonne position en l’arrêtant avec les clous.

On procède avec la couture de la trépointe (l’âme de la chaussure) qui maintient l’ensemble sans clou.

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On perce la semelle interne, la doublure, le contrefort et la tige. Avec ce trou sont enfilées les aiguilles qui font chemin aux fils de lin qui sont tirés très fort pour éviter la rupture de cette couture (autrement la chaussure se casserait).

Ensuite on brûle la cire au-dessus des talons et de la semelle pour fermer les pores du cuir.

Les outils du bottier n’ont pas beaucoup changé au cours des siècles. Le roi des outils est le marteau à bout arrondi avec la pointe large, puis il y a les pinces pour tirer la tige, les différents tranchets (cutters) pour couper et les limes pour modeler. L’alêne (l’aiguille du cordonnier), sa pointe aiguisée permet au fil de traverser semelle, doublure, tige et trépointe.

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La mesure ne compte pas son temps

Pour faire réaliser la paire de ses rêves,  deux semaines sont nécessaires. Pour la première paire, il faut compter entre 5 et 6 mois en comptant la fabrication des formes ainsi que de l’essayage. G.C.

saskiascarpesumisura.com

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