Al Bazar of Lino Ieluzzi, The Little Prince of Style (Draw me a Seven)

Nous allons vous parler du très recherché Lino Ieluzzi, que vous connaissez sûrement via les nombreuses photos de street-style, prises au Pitti Uomo, qui défilent dans les blogs et dans la presse spécialisée. Mais Lino Ieluzzi existait bien avant tout cet engouement médiatique. Pour cela, nous allons tenter de vous raconter une partie de son parcours (il y a de quoi faire un ouvrage à son sujet, tellement son histoire est riche d’aventures professionnelles et d’expériences humaines en tout genre).

 

Lino con Firenze copieAl Bazar Team copieLino, que nous avions rencontré la première fois lors de la 83eme édition du Salon de prêt-à-porter masculin Pitti Uomo, nous accueille très souriant dans sa boutique Al Bazar et nous invite à prendre le café  dans son bureau où il nous présente son autre passion (la première étant sa boutique Al Bazar): son chien TommyLino a un style reconnaissable à mille lieues et un charisme positif qui emplit la pièce où il se trouve. Et ça, nous aimons!

lino play with tomy copie scrivania lino copielino pocketsquare trick copie customer gift copieIl a ce sens inné du style et du détail tout italien, cela peut être un dépaysement pour tous ceux qui sont habitués aux costumes noirs de croques morts et autres voituriers. Très friand des vestes croisées en laines  (tissus Loro Piana, Vitale Barberis, Barbera), non doublées dans les tons rigoureusement bleu ou crème, assorties de chemises bleu ciel et de cravates exclusivement en laine non doublée (très souples, pouvant être portées l’été également). L’immanquable pantalon en flanelle grise est complété par les souliers à doubles boucles à patines fantaisistes ou marron qu’il chausse très souvent.

Lino est un adorateur du chiffre sept. Il est né un sept janvier. C’est donc son chiffre porte-bonheur. C’est pour cette raison qu’il a fait faire ses fameuses cravates, reconnaissables dans le monde entier, avec le chiffre sept brodé (à la main) dessus. C’est un peu sa signature, sa marque de fabrique. Lino est à lui tout seul une Icône de style reconnue dans le milieu de la mode, n’en déplaise à certains.

La boutique

Elle est divisée en deux parties: la première, quand on entre  dans la boutique, sur la droite où se trouve le sportswear avec les jeans Jacob Cohën, les chino PT01, les pulls en cashmere John Laing mais aussi les Sebago, les maillots de bain Saint Barth et la très belle ligne de bagagerie et petite maroquinerie de StefanomanO;  la deuxième, où l’on est immergé dans l’antre du costume, des chemises, des cravates (Petronius 1926) et chaussures Al Bazar. Impossible de ne rien trouver à son goût! 

7 ties copienegozio 3 copienegozio due parti copie sebago part copienegozio 2 copienegozio scarpe copieLino nous a aussi permis de découvrir,  en annexe de sa boutique, son stock (sans avoir sorti notre mètre nous l’avons retenu presque aussi grand que sa boutique).

Son stock comprend son bureau et ses bunches (Lino choisit lui-même les tissus à commander pour produire ses collections), mais aussi deux retoucheurs travaillant sur place pour accélérer les délais de livraison de ses clients. Lino nous explique que, pour lui, le secret est de mettre un point d’honneur sur le service, et qu’il se distingue des autres boutiques ainsi: il a une équipe de 7 vendeurs (chacun a ses propres compétences mises au service du client), et un stock de tailles pour satisfaire les demandes des clients voulant, par exemple, s’offrir 5 pantalons de la même couleur et dans la même taille (impensable dans les boutiques de PAP traditionnelles).

scrivania lino copiemagazzino verticale copiecustomer gift copiechoix collections lino copieritocattoriJournée type

Lino se réveille tous les jours à 8h00 du matin pour se coucher à 2h00 (après avoir fait de la veille presse et de revues de mode, de documentations et d’ouvrages ou bien en regardant des films dans l’optique perpétuelle d’apprendre de nouvelles choses et de puiser de nouvelles sources d’informations). Il  nous explique une autre chose très intéressante dans sa vision personnelle d’entrepreneuriat : il n’a jamais fait de braderies ou autres soldes et ce malgré le fait qu’il ait souffert et payé pour ça. Mais il n’en reste pas moins fier !

Parcours

Après avoir joué avec son très sympathique labrador, il nous raconte alors son histoire. Lino est originaire des Pouilles,fils d’une mère couturière et d’un père qui, comme lui, a goûté à la joie de la débrouille en faisant 3000 petits boulots de-ci de-là. Il nous explique qu’à l’époque, il y avait ceux qui entreprenaient des études et ceux qui, des le plus jeune âge, rentraient dans la vie active pour assurer un revenu au foyer.

Lino parmi ses 3000 expériences professionnelles a été: coiffeur pour femmes, mannequin photo (période remplie de voyages qu’il a beaucoup appréciés), vendeur de montres, et par la suite  il a acheté des vêtements dans les destocks pour les revendre à son tour.

À l’époque, tout le monde s’habillait en sur-mesure, la confection n’existait pas. Puis en 1969, il plaque tout pour travailler dans ce qui sera devenu plus tard sa boutique. L’endroit s’appelait Bazar 84 (on y vendait de tout) boutique de 20m2 très courue, décorée de façon très alternative avec un Jocker peint sur la façade et où la musique résonnait à coup de décibels dans le Milan 70’s.

lino vintage copie 2Lino Guarda cantante copielino foto mia negozio copie Lino arrive à maturité et décide alors, en 1972, de reprendre la boutique et d’y faire un gros virage au niveau stylistique: il a voulu recréer l’identité de sa boutique avec son propre style, résolument classique et très inspirée des films des années 30 (où les gangsters aimaient porter des costumes croisés et des pantalons à pinces), mais en l’adaptant à l’époque contemporaine. Il a voulu faire quelque chose de différent de ce qui se faisait alors: il avait découvert le style ‘‘Yuppy’’ qui était nouveau en Italie. En faisant ainsi, il nous dit avoir eu un gros avantage: celui de faire toujours ce qui lui plaisait vraiment, non pas de la ‘‘mode périssable’’.

Alors petit à petit, il a commencé à agrandir son espace de vente en rachetant les locaux d’un restaurant, du mécanicien et d’une boutique de couleurs. De là, il a commencé ses recherches de fournisseurs et de produits à distribuer. Dans ces années-là, Facebook et Instagram n’existaient pas! Les amis des amis étaient clients et puis le bouche à oreille a fait son travail en lui permettant de développer sa propre clientèle.

lino un po piu giovane copiechoice 7 tie copieLino business cards copieLino nous explique que « comme pour les cafés à Milan, il y en a 10000, mais tout le monde se bouscule pour aller dans seulement 10 d’entre eux et ce, même s’ils ne sont pas en plein centre ville » (tout comme sa boutique légèrement excentrée). Par la suite,  la presse, qui a compris le mode opératoire de Lino dans les années 80, a commencé à parler du personnage et de sa boutique Al Bazar –  bien avant les photos de street-style. Puis la ‘‘messe’’ et grande vitrine du style urbain & classique qu’est, à l’international, le Pitti Uomo (même si très souvent snobé)  – et qu’il fréquente assidument depuis 1985 en obtenant de gros résultats sur ses ventes grâce au trafic génère par ses propres relations publiques. Et oui, Lino Ieluzzi est une marque à part entière!

Dans les années 2000, l’avènement du street-style avec Scott Schuman (The Sartorialist) permet aux  photographes de descendre dans la rue pour flairer et chasser les nouveaux prescripteurs de tendances. Et ainsi, grâce au référencement de Google, aux réseaux sociaux Facebook et Instagram et et son nouveau site web (en construction, et où il sera bientôt possible de s’offrir une de ses fameuses cravates avec le 7), des clients du monde entier viennent faire du ‘‘pèlerinage’’ dans sa boutique pour voir de leurs propres yeux Al Bazar.

Lino est très souvent demandé, en particulier pour se faire prendre en photo avec ses fans où il accepte toujours volontiers. Lino : « on me dit que je suis une légende! J’aimerais vivre 100 ans. À mon avis, on est une légende quand on a rendu l’âme ». Sa conception de l’élégance est la discrétion,  il ne cite jamais les grands noms qui ont franchi le seuil de sa porte.

Sa conception de l’amitié : « pour moi l’amitié c’est franchir la barrière de la distance géographique, même si l’on ne se voit pas depuis longtemps.»

Futur ? : « Je dois profiter maintenant que je suis là, si l’on doit tout le temps y penser, on se flingue ! Il faut vivre le présent et grandement! Le futur est une conséquence du présent qui devra être tout aussi grand! C’est fondamental de vivre les choses et de ne pas les subir. »

En somme, nous avons appris beaucoup en écoutant la belle personne qu’est Lino Ieluzzi, un éternel gamin d’une simplicité rare (tout comme son plat favori : spaghettis, sauce tomate et basilic), riche d’une grande expérience dans le secteur du textile masculin, allant au bout de ses rêves et passions tout en gardant sur sa table de chevet le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry. G.C.

albazarmilano.it

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