Eric Tormos, d’artisan de la débrouille à éleveur de champions

Les personnes qui suivent le Magazine Gentleman Chemistry et la page insta @stephanebuttichowskij n’ignorent pas la maladie, le virus que j’ai attrapé il y a plus d’un an maintenant en m’aventurant entre les tours de l’Ile des vannes de Paris (dite aussi l’Ile Saint-Denis) pour pousser la porte d’un club de boxe dont j’ignorais absolument tout : le  RSOA (Red Star Olympique Audonien) . Pour les intimes de cette salle mythique aux rideaux rouges Red Star Boxe! J’y rencontre un Monsieur avec une barbe grise (bien entretenue) fumant une vapoteuse (oui on vous entends déjà… Comment ça, dans une salle de boxe?) assis sur une chaise blanche en plastique de café du midi. Ce Monsieur est vêtu d’un jogging et d’un t-shirt du club RSOA ou Under Armour je ne me souviens plus ? La panoplie se termine d’une casquette toujours fixé sur sa tête. Je suis tout de suite accueilli de façon résolument bienveillante où il m’invite après m’avoir serré la main à m’asseoir pour observer l’entrainement en cours. Il se présente : Eric Tormos.  Je pense avoir été capté par l’énergie magnétique de la salle, le respect et le sentiment de fratrie qu’il y règne sans qu’il y ait un règlement qui ne l’impose. Que pensiez-vous que j’allais faire ? J’ai bien évidement réglé ma cotisation pour commencer à m’entrainer: il était déjà trop tard!

Eric Tormos, est d’origine Espagnole. Une voix péchue en temps voulu (utile pour réveiller ses gars quand ils se relâchent en entrainement) – en somme une force tranquille. A 10 à peine il enfile les gants sollicité par un frère qui pratiquait le noble art et encouragé par un père fan de Marcel Cerdan. Sa carrière de boxeur (2 combats professionnels) s’arrête brusquement après des lésions aux mains alors qu’il est qualifié pour les Jeux Olympiques de Séoul  en 1988 (les protections aux mains n’étaient pas aussi poussées qu’aujourd’hui). Autour des années 1990/1991, Eric décide alors de passer un CAP de plomberie sans jamais pratiquer le métier. Il se débrouille de petit boulot en petit boulot pour enfin ouvrir son propre vidéo club. Il poursuit en ouvrant un petit bistro avec un ami à Boulogne en se rendant compte de vouloir le vendre après un an et demi: il réussira à se débarrasser du fardeau au bout de cinq longues années. Il rebondit en obtenant un diplôme d’état DE / DES lui permettant d’entrainer des athlètes dans le golf dans un premier temps (où il est, s’il vous-plaît, 8 d’handicap!) pour ensuite poursuivre dans sa passion de toujours : la boxe anglaise.

Eric Tormos fréquentait le RSOA (fondé en 1952 par le Manger Monsieur José Jover et le préparateur physique Monsieur Gaëtan Micallef) depuis ses 16 ans et y prépare depuis plus de 15 ans des athlètes dans toutes les catégories : de la boxe éducative, loisirs, amateurs et professionnels. Il nous explique que la culture d’un club de boxe est basé sur un code d’honneur dont personne ne parle mais qui existe, sur le partage de conseils dans le travail dans le but de faire progresser en toute sécurité ses équipiers car en boxe on ne joue pas, on boxe! Cependant il y déplore un sport victime de ses clichés. Il nous explique que la boxe est un sport basé sur des règles strictes pratiqué par autre chose que des voyous ou autres brutes analphabètes, au contraire, le club est fréquenté par des ingénieurs, des commerciaux, des personnes travaillant dans les médias ou autres professions libérales et même dans la catégorie professionnelle. Seul, le métier de boxeur professionnel ne suffit ps pour satisfaire les besoins économiques des athlètes. C’est pour cette raison que les boxeurs jonglent avec discernement entre leur passion et leur profession.

Un entrainement type par Eric Tormos se compose par un échauffement (afin d’éviter les blessures) à base de corde à sauter ou bien de course à pied en levant les genoux, talons fesses, flexions, extensions etc… L’échauffement se termine par le fameux « shadow boxing » (boxer en se déplaçant dans le vide). Puis s’ensuit la partie technique, fractionné. L’entrainement se termine avec le retour au calme avec les tractions, pompes et étirements.

Les compétences clés d’un boxeur doivent être: le cardio, les déplacements, les esquives et la frappe au poing direct, uppercut ou crochet. Dit comme ça, cela semble simple comme bonjour mais une bonne préparation demande énormément de temps et de discipline. En boxe il y a différents styles de boxes et de stratégies et on n’est en aucun cas obligés de monter sur le ring pour les plus téméraires d’entre vous par contre vous perdrez et de façon plus économique qu’un « Weight Watchers » vos poignées d’amour (si tel est l’objectif).

Eric Tormos a eu l’occasion d’entrainer de grands champions: Tony Yoka, Souleymane Cissokho, Howard Cospolite, Bilel Jkitou, Aghilase Ait-Aoudia

Nous n’avons pas fini de suivre Eric et ses gars! La porte du Red Star Boxe est grande ouverte à tous et à toutes, longue vie au Noble Art!

Pour en savoir plus n’hésitez pas à consulter l’article présentant le Red Star Boxe sur le Magazine Gentleman Chemistry.

J’ai pris beaucoup de plaisir dans la réalisation de cette interview. Si vous aussi avez aimé ce podcast, n’hésitez pas à laisser un commentaire en le notant avec 5 étoiles sur Apple Podcast. Vous pouvez également vous abonner sur la plateforme pour ne pas rater une miette des podcasts à venir !

Bonne écoute,

Stéphane

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